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Diabolo dans l’oreille : pourquoi on en pose et combien de temps il reste

8 novembre 20268 min de lecturePar la rédaction

Bouchons d’oreilles en mousse posés sur une table près d’un coquillage et d’une fenêtre ouverte

Diabolo, yoyo, drain, aérateur transtympanique : quatre noms pour un même petit tube creux que l’ORL place dans le tympan, et qui laisse souvent les parents avec plus de questions que de réponses. L’intervention compte parmi les plus fréquentes de la chirurgie ORL en France, mais elle ne concerne qu’une partie des enfants qui ont du liquide derrière le tympan. Entre la baignade, l’avion et la crainte d’une opération inutile, les interrogations s’accumulent vite.

En bref

  • On pose un diabolo, ou yoyo, lorsqu’un liquide persiste plus de 3 mois derrière le tympan des deux oreilles et que l’audition a baissé d’au moins 25 dB à l’audiogramme, ou d’emblée dans certaines situations à risque ; le tube reste ensuite le plus souvent entre 4 mois et 2 ans avant de tomber seul.
  • La pose se fait généralement sous anesthésie générale de courte durée, en chirurgie ambulatoire : l’enfant ne dort pas à l’hôpital.
  • Aucun médicament n’est efficace contre l’otite séromuqueuse ; l’intervention est la solution proposée quand l’audition est touchée.
  • Après la pose, les consignes d’eau se règlent avec l’ORL, selon les habitudes de baignade ; un écoulement purulent, une fièvre qui dure ou une nouvelle baisse d’audition imposent un avis médical.

Qu’est-ce qu’un diabolo ou un yoyo dans l’oreille ?

Un diabolo est un tube creux placé à travers la membrane du tympan pour maintenir une ouverture entre le conduit auditif et l’oreille moyenne. La Haute Autorité de santé (HAS) le désigne sous le nom d’aérateur transtympanique (ATT), et rappelle qu’on parle aussi de drain transtympanique, de tube de ventilation, de diabolo ou de yoyo.

La pose de yoyos est la deuxième intervention de chirurgie ORL la plus fréquente en France, avec 68 415 opérations en 2014 selon la HAS.

Pourquoi pose-t-on un diabolo à un enfant ?

On pose un diabolo pour traiter une otite séromuqueuse, une inflammation chronique de l’oreille moyenne avec du liquide enfermé derrière le tympan depuis plus de 3 mois, lorsqu’elle fait baisser l’audition. Cette affection touche les enfants de 6 mois à 12 ans, avec un premier pic avant 2 ans et un second vers 5 ans. Elle concerne près de 20 % des enfants de moins de 2 ans et 16 % des moins de 5 ans, d’après la HAS.

Dans la grande majorité des cas, le liquide disparaît seul en quelques mois. La HAS précise qu’aucun traitement médicamenteux n’est efficace sur l’épanchement : décongestionnants, antihistaminiques, antibiotiques et corticoïdes sont inutiles et déconseillés. Tant qu’aucune situation à risque n’est repérée, toute intervention est inutile pendant les 3 premiers mois, et seule une surveillance est nécessaire.

La décision suit donc un parcours précis, résumé dans le tableau.

Situation de l’enfantCe que prévoit la HAS
Liquide découvert, aucune situation à risque, depuis moins de 3 moisPas de traitement médical ni chirurgical ; contrôle clinique à 3 mois
Audition normale ou baisse inférieure à 25 dBPas de pose ; nouveau contrôle clinique à 3 mois
Baisse d’audition d’au moins 25 dBPose d’aérateurs transtympaniques
Situation à risquePose envisageable dès le diagnostic, sur avis de l’ORL

Les situations à risque listées par la HAS sont la pathologie du voile du palais, la trisomie 21, une surdité préexistante, les troubles d’acquisition de la parole ou du langage, les troubles du développement et du neuro-développement, le handicap visuel et la suspicion de rétraction du tympan. La fiche de la HAS porte sur l’otite séromuqueuse bilatérale ; elle n’aborde pas les otites aiguës récidivantes, qui relèvent d’une autre discussion avec l’ORL.

L’enjeu est l’audition : en cas d’atteinte des deux oreilles, le liquide peut retentir sur l’acquisition de la parole, du langage et des apprentissages. La HAS relève aussi que l’audition n’est contrôlée avant l’opération que chez 1 enfant opéré sur 3, ce qui conduit probablement à des interventions inutiles. Des parents peuvent donc légitimement demander si un audiogramme a été réalisé avant qu’un tube soit proposé.

Comment se déroule la pose d’un yoyo ?

La pose d’un yoyo est généralement réalisée sous anesthésie générale de courte durée, en chirurgie ambulatoire, ce qui signifie que l’enfant rentre à son domicile le jour même.

Un deuxième geste peut s’ajouter : l’adénoïdectomie, c’est-à-dire l’ablation des végétations. D’après la HAS, elle apporte un bénéfice en réduisant la durée de l’épanchement et le risque de réintervention, en particulier chez l’enfant à partir de 4 ans, et peut se discuter à cet âge même en dehors de ses indications propres (obstruction, infections respiratoires hautes récidivantes).

Avant l’intervention, l’information de l’enfant et de ses parents est nécessaire pour obtenir leur consentement. Elle porte sur le bénéfice attendu (une meilleure audition), sur les risques immédiats (écoulement de l’oreille, expulsion précoce du tube) et sur les risques secondaires (obstruction du tube, migration rare derrière le tympan).

Combien de temps un diabolo reste-t-il dans l’oreille ?

Un diabolo est le plus souvent expulsé spontanément de 4 mois à 2 ans après la pose, selon la HAS. Le tube tombe sans geste particulier, souvent sans que l’on s’en aperçoive.

Les recommandations des ORL français estiment qu’un tube est habituellement expulsé dans l’année qui suit sa pose. Ces durées varient selon le type de tube et le contexte :

ÉlémentDurée ou donnée rapportée
Expulsion spontanée, cas le plus fréquent (HAS)4 mois à 2 ans après la pose
Tube posé de façon conventionnelledurée médiane de 7 mois dans une étude citée par les ORL français
Tube placé en position sous-annulairedurée médiane de 35 mois dans la même étude
Enfant exposé au tabagisme passifdurée moyenne de 59 semaines contre 86 semaines dans une étude citée

Une fois le tube tombé, la guérison est la règle, mais le tympan peut garder une trace de cicatrice et l’otite peut revenir, comme après toute intervention sur une oreille. C’est pourquoi la HAS demande un contrôle de l’audition dans les 6 mois suivant l’opération, afin de vérifier qu’elle est bien rétablie ou de chercher une autre cause de surdité si ce n’est pas le cas. Ce contrôle n’est aujourd’hui pratiqué que dans un cas sur trois.

Quelles précautions prendre après la pose, notamment avec l’eau ?

La HAS ne demande plus d’éviter l’eau en toutes circonstances : les consignes strictes d’éviction peuvent être assouplies selon les habitudes de baignade et la saison. Elle indique qu’aucune précaution particulière n’est nécessaire en cas d’exposition modérée ou de baignades courtes, en surface, et qu’il faut suivre les consignes de l’équipe dans les situations contraires.

Les recommandations des ORL français vont dans le même sens : une interdiction totale des activités nautiques ne peut pas être imposée à un enfant porteur d’un tube, mais il faut recommander de nager en surface et d’éviter de plonger. Les consignes pour la toilette, la piscine, la mer ou un plan d’eau naturel se définissent donc avec l’ORL qui a posé les tubes, puisqu’elles dépendent de l’enfant et de ses activités.

Un coton-tige ou un bouchon introduit dans le conduit fait partie des traumatismes qui peuvent déplacer un tube : aucun objet ne doit être glissé dans l’oreille, avec ou sans diabolo.

Quelles complications peuvent survenir et quels signes doivent alerter ?

La complication la plus fréquente est l’écoulement de l’oreille, ou otorrhée, et la HAS demande un avis médical devant trois signes : un écoulement anormal (un liquide purulent qui sort du conduit), une fièvre persistante ou la réapparition d’une baisse d’audition. Dans ces cas, il convient de voir le médecin traitant ou l’ORL, sans attendre le contrôle prévu.

Les recommandations de pratique clinique des ORL français détaillent ces complications et leur fréquence, qui varie beaucoup d’une étude à l’autre :

ComplicationCe qui est rapporté
Écoulement précoce (2 à 4 semaines après la pose)observé dans 10 à 20 % des cas
Écoulement survenant plus tardobservé dans environ 26 % des cas
Obstruction du tube (sang, mucus, cérumen séchés)0 à 37,3 % selon les séries, médiane de 6,7 %
Granulations ou polypesmoins de 5 % des cas ; le risque augmente avec le temps de présence du tube
Migration du tube derrière le tympantrès rare, médiane de 0,5 %
Atrophie localisée de la cicatrice du tympanenviron un quart des oreilles
Perforation résiduelle après la chuteenviron 3 % des cas, davantage selon les séries et selon la durée de séjour du tube

Questions fréquentes

Un diabolo est-il posé dès qu’un enfant fait une otite ?

Non. La HAS indique que, lorsqu’un liquide est découvert sans situation à risque, toute intervention est inutile pendant les 3 premiers mois, car il guérit le plus souvent seul. Le tube n’est discuté que si l’épanchement dure et si l’audiométrie confirme une baisse d’audition.

Les médicaments permettent-ils d’éviter la pose d’un diabolo ?

Pas dans l’otite séromuqueuse : selon la HAS, il n’existe pas de traitement médicamenteux efficace, et les antibiotiques, corticoïdes, antihistaminiques et décongestionnants sont déconseillés. Seule la surveillance, puis éventuellement le tube, est prévue. Toute question sur un médicament se pose à l’ORL ou au pédiatre.

Que se passe-t-il si le yoyo semble avoir disparu de l’oreille ?

C’est le plus souvent la chute normale du tube, attendue de 4 mois à 2 ans après la pose. Plus rarement, il migre derrière le tympan, dans environ 0,5 % des cas selon la médiane d’une méta-analyse citée par les ORL français, ce qui passe souvent inaperçu. Seul l’ORL peut le constater à l’examen, d’où l’intérêt du contrôle de l’audition dans les 6 mois.

La fumée de cigarette dans la maison change-t-elle quelque chose ?

Oui, d’après les recommandations des ORL français : le tabagisme passif favorise l’écoulement de l’oreille et la perforation résiduelle, et il ramène la durée moyenne de présence du tube de 86 à 59 semaines dans l’étude citée. Un tube qui tombe plus tôt peut conduire à de nouvelles poses.

Peut-on prendre l’avion avec un diabolo ?

Les textes de la HAS et des ORL français lus ici ne donnent aucune consigne sur l’avion pour un enfant porteur de tubes. La question se pose à l’ORL qui suit l’enfant, avant le départ.

Sources

Sources consultées le 24 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Haute Autorité de santé, « Otite séromuqueuse de l’enfant : la HAS fait le point sur la pose des yoyos », has-sante.fr, 7 septembre 2017. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2792194/fr/otite-seromuqueuse-de-l-enfant-la-has-fait-le-point-sur-la-pose-des-yoyos
  • Haute Autorité de santé, « Pose d’aérateurs transtympaniques dans l’otite moyenne séreuse et séromuqueuse chronique bilatérale chez l’enfant », fiche pertinence des soins, mars 2017. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2755104/fr/pose-d-aerateurs-transtympaniques-dans-l-otite-moyenne-sereuse-et-seromuqueuse-chronique-bilaterale-chez-l-enfant-fiche-pertinence
  • Société française d’ORL, « Recommandations pour la pratique clinique : otite séromuqueuse de l’enfant », 2016. https://www.sforl.org/wp-content/uploads/2020/02/RPC_OSM_TL_2016.pdf

Cet article informe et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un ORL ou d’un audioprothésiste. En cas d’urgence : le 15 ou le 112 (le 114 par SMS, visio ou tchat).

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